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Les Convois d’Enfants
que le MJS a passés en Suisse Le 17 août 1943,
une jeune femme juive nommée Mila Racine conduisit un groupe de
11 enfants vers
la petite enclave française de Veyrier, située à
coté du canton Suisse de
Genève. Elle avait trouvé un chemin leur permettant
de traverser la
frontière, malgré les soldats allemands qui
rôdaient tout autour. Les enfants,
entrés en Suisse illégalement,
furent arrêtés rapidement. Cependant
ils
ne retournèrent pas en France et ne furent pas livrés
à ceux qui souhaitaient
les exterminer. Ils passèrent le
reste de la guerre en sécurité. Le convoi du 17
août était le premier convoi d'enfants organisé par
le MJS qui avait passé la
frontière suisse. Pendant deux mois, l'équipe MJS
fit passer 23 convois
d’enfants de plus par la frontière. Mila (23 ans) et son
compatriote,
Tony Gryn (22 ans), dirigeaient l'opération. Ils
étaient aidés par
la soeur de Mila, Sacha, le futur mari de Sacha, François
Maidenberg, Bella
Wendling, et Roland Epstein. Le réseau
commença à Saint-Gervais-les-Bains, puis fut
transféré à Annecy début
septembre. Des enfants de tous ages et de toutes
nationalités composaient
ces convois. Ils étaient
amenés à Annecy
en provenance de beaucoup de régions de la France.
Souvent deux ou trois membres accompagnaient
un groupe d’enfants d’Annecy à un endroit désigné
pour traverser la frontière entre
les villes françaises
d’Annemasse et Saint-Julien-en-Genevois. Les sauveteurs
étaient aidés par
des activistes catholiques et protestants, particulièrement
d'une jeune
“jociste” nommé Rolande Birgy. Pendant cette même
période, l’OSE passait aussi
des convois d'enfants juifs à
travers la frontière. Une coordination informelle existait entre les deux organisations, mais les
détails de leur collaboration de
travail
restent inconnus. En septembre,
1943, les Nazis avaient déchaîné un règne de
terreur à Nice, chassant les Juifs
avec une férocité et une brutalité
réservées jusqu'alors aux villes d’ Europe
de l'Est. Les parents
juifs étaient désespérés à
l’idée de placer leurs enfants dans les mains de
ceux qui pourraient les sauver. Les personnes en charge du gdoud
de Nice, Jacques et Léa Wajntrob, travaillaient en tandem avec
l'équipe
d’Annecy afin de sortir autant d'enfants juifs que possible hors de
Nice et les
faire passer en Suisse. Frida Wattenberg et Théa Wendling,
la soeur de
Bella, membres du gdoud de Grenoble, aidaient l'équipe
d'Annecy à
prendre les enfants hors de Nice. Le 25 septembre, Jacques
Wajntrob fut
arrêté par des agents de la Gestapo. En octobre, l’OSE cessa
l’activité de passage des convois
d’enfants vers la Suisse. L'équipe
du
MJS persévéra. Ce
travail devenait
de plus en plus dangereux, mais le besoin était plus grand que
jamais. Le
21 octobre, tard dans la soirée, Mila Racine et Roland Epstein
tentèrent de
passer un groupe de plusieurs adultes et enfants par la
frontière quand ils
furent surpris par une patrouille allemande. L'opération
MJS fut arrêtée,
mais reprist au printemps de 1944. Jacques
Wajntrob a été déporté de France à
la fin d'octobre 1943. Une
documentation laisse penser qu’il a essayé de s’'échapper
du train de
déportation et qu’ il fut assassiné avant ou
immédiatement à l'arrivée à
Auschwitz. Roland Epstein a survécu à la déportation à Buchenwald et
Dora. Mila
Racine a été déportée à
Ravensbrück à la fin de janvier 1944 puis
transférée
plus tard a Mauthausen. Le 21 mars 1945 elle a
été tuée à
Amstetten, une ville près de Mauthausen, pendant un bombardement
aérien
d'alliés. |
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